"Direct Market veut simplifier la vie des producteurs et de la grande distribution"

Par Hélène DAVID – Dernières Nouvelles d’Alsace

Fondée en 2018 à Strasbourg, la start-up Direct Market veut faciliter l’approvisionnement des enseignes de grande distribution en produits locaux issus de circuits courts. Simplifiant grandement au passage la vie des producteurs.

Sebastien Pelka

Sébastien Pelka, cofondateur de Direct Market.

Photo DNA /Laurent REA

En gestation dans l’esprit de son cofondateur, Sébastien Pelka, depuis plus de dix ans, la start-up strasbourgeoise Direct Market, officiellement fondée en 2018, accumule ces derniers temps les bonnes nouvelles. Incubée chez Semia, l’entreprise a décroché un Trophée de l’innovation du Grand Est et a intégré la deuxième promotion de l’accélérateur Scal’E Nov. Elle espère par ailleurs boucler au premier semestre de cette année une levée de fonds de 2 millions d’euros censée lui permettre d’atteindre l’équilibre.

Pour ce faire, la start-up s’apprête à croître considérablement, passant de sept salariés aujourd’hui à « 20-30 » d’ici la fin de l’année. Son concept, pour l’heure opérationnel en Ile-de-France, doit être déployé dans le Grand Est et en Hauts-de France, permettant d’accéder à des volumes qui fondent son modèle.

Market place BtoB

Direct Market est née d’une longue expérience de l’Alsacien Sébastien Pelka dans la grande distribution – où il touche au marketing, à la logistique, à la tarification ou à l’émergence de concepts – puis le conseil aux enseignes et marques, dont il tire petit à petit une proximité avec les producteurs. Un pied dans chaque monde, il a l’idée de faciliter leur relation commerciale en approvisionnant les magasins en produits locaux issus de circuits courts. Une offre pour laquelle la grande distribution a identifié les attentes des consommateurs, mais qui peine à émerger, faute d’approvisionnements durables. Il s’agit en somme d’une market place BtoB qui facilite la vie des producteurs et des commerçants et offre au consommateur final une plus grande lisibilité sur les produits.

« Nous faisons office de médiateur »

Direct Market, qui a le statut d’agent financier certifié, gère gratuitement au nom du producteur la commercialisation de ses produits, leur prise en charge et acheminement en magasin, la facturation et le paiement. Sans jamais négocier les prix. « Nous faisons office de médiateur, en sécurisant les flux et en consolidant les accords commerciaux», détaille Sébastien Pelka.

A leur arrivée sur les étals, les produits sont accompagnés d’étiquettes maison faisant apparaître non seulement l’origine, le prix et les critères qualité, mais aussi la distance du magasin au producteur et la part qui revient au magasin, au producteur, à la logistique et à Direct Market. Et« nous ne sommes pas plus chers», insiste le cofondateur, qui met en avant une logistique mutualisée qui permet de réduire les coûts, et incidemment le bilan carbone.

Grands projets

Pour l’heure limitée aux fruits et légumes, l’offre de Direct Market devrait s’étendre à d’autres productions. « L’optimisation des flux et les volumes permettront de baisser les prix », prédit Sébastien Pelka, qui espère à long terme exploiter les données collectées pour « soutenir l’agriculture dans la transformation des territoires ». Autrement dit faire coïncider au mieux l’offre et la demande pour soutenir l’autosuffisance alimentaire à l’échelle des archipels métropolitains.

Repères

La notion de circuit court bénéficie d’une définition claire : « entre zéro et un intermédiaire entre le client et le producteur». Doté d’une forme juridique singulière, Direct Market n’est qu’un prestataire de services. « On n’achète pas pour revendre», précise Sébastien Pelka.
Les aspects de « qualité » (par exemple le bio) sont définis par des cahiers des charges bien précis.

Cela se complique avec le« local ». Aucune distance maximum séparant une production de son point de vente n’a été à proprement parler définie en France. Direct Market se conforme donc aux cahiers des charges établis par les différentes enseignes, et renseigne au mieux le consommateur pour répondre à sa propre vision de ce qu’est le « local ». « Nous permettons au consommateur de faire un achat en connaissance de cause, sans se prononcer. »